Sélectionner une page

5.2 Les récepteurs GABA et le Baclofène

Le Baclofène : la demi-vie
Les récepteurs GABA et le Baclofène


5.2 Les récepteurs GABA et le Baclofène

Le GABA et ses récepteurs

L’acide γ amino-butyrique (GABA) est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il semble intervenir dans de nombreux processus physiologiques comme le sommeil ou  la mémoire.
Son rôle parait central dans les addictions. Le GABA peut en particulier inhiber l’activité tonique dopaminergique dans l’aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens.

GABA

Les récepteurs GABAergiques

Ils sont essen­tiel­le­ment de deux types, ayant des fonc­tions dif­fé­ren­tes, les récep­teurs GABAA et GABAB.

Le récepteur GABAA est le plus répandu et le mieux connu. Il est formé de cinq sous unités, comprenant des sites de fixation, notamment pour les benzodiazépines, les barbituriques, ou l’alcool. Son action est rapide en régulant l’ouverture d’un canal chlorique.
Ce récepteur semble jouer un rôle important dans le développement d’une tolérance physiologique à l’alcool. En effet, la consommation chronique de boissons alcoolisées  peut à la longue, diminuer l’affinité du récepteur à l’éthanol et donc causer une certaine tolérance: la même quantité d’éthanol causerait des effets moindres.

Le récep­teur GABAB est un hétéro-dimère, cons­ti­tué de deux sous-unités et pré­sen­tant deux iso­for­mes se différenciant par leur fonction et leur localisation pré ou postsynaptiques. Ces deux populations de récepteurs sont largement distribuées dans le système nerveux central et dans les terminaisons périphériques autonomes.

Action du baclofène

Le baclo­fène agit, comme le GABA, en ago­niste du récep­teur GABAB. Or ce récep­teur est porté notam­ment par les neu­ro­nes qui libè­rent la nora­dré­na­line, la séro­to­nine et la dopa­mine. Ces neu­ro­mé­dia­teurs sont for­te­ment impli­qués dans le cir­cuit de la récom­pense. Une augmentation de la libération de dopamine dans ce circuit correspond à une sensation de satisfaction.
Les drogues, amphétamine, cocaïne, héroïne, etc. , mais aussi l’alcool, augmentent les quantités de dopamine dans les aires cérébrales du circuit de la récompense.

En inhi­bant les neu­ro­nes qui libè­rent la dopa­mine, le baclo­fène dimi­nue la moti­va­tion à s’auto-admi­nis­trer dro­gues, nico­tine et alcool.

La capacité du baclofène à diminuer l’intérêt pour les drogues a été démontrée chez l’animal à partir des années 1980.