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3.1 Abstinence ou consommation contrôlée

Abstinence ou consommation contrôlée
Estimation de la consommation d’alcool en unité
Olivier Ameisen, une découverte extraordinaire
Une solution miracle ?


rondcolore 3.1 Abstinence ou consommation contrôlée

Témoignage d’une patiente 

Posted on 28 avril 2011 by changethescript

Nous avons quasiment tous été culpabilisés voire humiliés par notre entourage, dans les cures, ou par certains médecins y compris les addictologues.
Je crois qu’en cure niveau humiliations c’est la totale ! Au dessus c’est le soleil !

Déjà c’est en hôpital psychiatrique, en règle générale.
Le ton est d’ores et déjà donné.
A peine arrivé : fouille des bagages, confiscation de tout ce qui contient du parfum.
En cas de permission de sortie, au retour on vous fait souffler, et on vous fouille, comme si vous étiez un dangereux délinquant.
Si c’est ok, on vous félicite, sinon on vous fait la morale, on vous prive de la sortie suivante, voire on vous exclut carrément.

La volonté, cette fameuse volonté : nous les alcooliques en serions totalement dépourvus.
Nous serions de pauvres petites choses faibles, de pauvres ivrognes irrécupérables.

La seule solution pour vous en sortir c’est l’abstinence, à vie.
Vous êtes et serez toujours alcoolique : plus jamais une goutte sinon c’est la rechute assurée, la cure derrière, et ainsi de suite.
Et ne vous amusez pas à vous parfumer, à assaisonner vos plats avec du vinaigre, évitez les plats en sauce, et j’en passe…

L’abstinence est une torture.
Une lutte de tous les instants pour éviter de croiser du regard un verre, éviter les situations à risque (soirées familiales, entre amis …)

Certains finissent par y arriver et pensent être devenus « indifférents » à force.

Combien ? 10 % tout au plus si on considère que les méthodes de soin actuellement prodiguées pour l’alcoolisme ont un taux d’échec de 90 %.
Et parmi ces 10 % de « réussite », même au bout de 20 ans d’abstinence : un seul verre et c’est la rechute immédiate.

Certains médecins refusaient même de suivre les alcooliques, tant il est frustrant pour eux de ne rien pouvoir faire qui fonctionne, et de les voir tous mourir, à plus ou moins brève échéance.
Les médecins qui prescrivent du baclofène à leurs malades s’émerveillent tous les jours de les voir guérir les uns après les autres !

Les molécules proposées dans ces thérapeutiques, permettent au mieux de diminuer le craving. Personnellement, ça n’a jamais fonctionné, et au sortir d’une cure, j’ai tenu maximum 5 jours au prix d’une lutte et d’une souffrance que je n’ai pas pu supporter bien longtemps.

Le traitement par baclofène, aboutit quant à lui à l’indifférence à l’alcool, et à la guérison.

L’indifférence c’est quoi par rapport à l’abstinence ?

L’abstinent est toujours malade et doit lutter en permanence pour contrer ce craving qui est toujours là.
L’indifférent n’est plus malade. Il est guéri, sous traitement, car le baclofène a tué son craving.
Tout comme le diabétique qui est « normal » si il prend à vie ses médicaments.

Quand on tend un verre à un abstinent il est obligé de dire : non merci je ne bois plus, ou je ne bois pas, alors qu’il en a envie.
Quand on tend un verre à un indifférent, il peut le refuser, ou l’accepter et le boire.
Le verre devant lui ne l’appelle plus, il ne lui parle plus, il ne l’attire plus comme un aimant.
Il s’en fout !
L’indifférent guéri sous baclofène est libre de boire de temps en temps, voire de boire son verre de vin à table avec plaisir, ou de ne plus boire du tout.
Il est comme tout le monde face à l’alcool : il est libre.

La vue d’un verre n’allume plus son cerveau tel un arbre de Noël .