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1.9. Posologie : jusqu’où ?

Que dire aux patients avant de commencer ?
Baclofène : les contre-indications
Le craving
Le début du traitement
La répartition des comprimés
La phase de stabilisation
Les associations médicamenteuses et contre-indications
Les effets secondaires
Posologie : jusqu’où ?
Un traitement à vie ?


1.9. Posologie : jusqu’où ?

Augmenter les doses ?

Extrait de « Vérités et mensonges » Renaud de Beaurepaire Ed Albin Michel

« Y a-t-il une limite supérieure à ne pas dépasser d’une part, et, d’autre part, un danger de surdosage ? Personne ne peut répondre à la question de limite supérieure. C’est une inconnue du traitement. Le surdosage, quand il y en a un, est dû à une mauvaise observance du schéma thérapeutique. Si on suit le protocole, il ne peut pas y avoir de surdosage. Les patients manifestent une tolérance au médicament qui diffère selon les individus puisqu’on a vu l’un d’eux monter jusqu’à 600 milligrammes par jour (soixante comprimés), pratiquement sans ressentir d’effets secondaires. Tous les patients ne supporteraient pas cette dose, c’est certain.

Quand l’habituation se fait dans de bonnes conditions, quand l’organisme s’accoutume doucement à des doses lentement croissantes, jusqu’où peut-on aller ? On l’ignore. Tant que les patients supportent bien le baclofène, ils peuvent augmenter les doses, il n’existe pas de limite supérieure établie. Mais on constate des différences interindividuelles évidentes. J’ai vu des patients qui ont suivi scrupuleusement le protocole et n’ont pas pu dépasser trois ou quatre comprimés par jour. Et même des patients qui n’ont pas toléré un seul comprimé par jour (ce qu’on peut appeler une intolérance au baclofène). Mais pour les patients qui n’ont pas supporté quatre comprimés, faut-il parler d’intolérance ? »

« Tant que l’indifférence n’est pas obtenue, la question importante qui se pose pour chaque patient est de savoir si on peut aller au-delà du seuil apparent d’intolérance en prenant son temps, en faisant des paliers, en coupant les comprimés en deux ou même en quatre. Il faut essayer de trouver, autant que possible, le moyen de dépasser un seuil qui paraît sur le moment indépassable alors que le patient n’est pas encore arrivé à la dose qui le rend indifférent à l’alcool. Souvent, chez les patients qui disent mal tolérer le baclofène, la question se pose de l’authenticité de leur envie d’arrêter de boire. J’en ai vu plusieurs attribuer une importance exagérée à des effets secondaires relativement bénins, souvent associée à une façon de prendre le traitement anarchique, et il était clair que c’était pour eux une manière d’éviter de faire progresser les doses : un prétexte pour ne pas arrêter de boire.

Quand un malade atteint plus de 300 ou 350 milligrammes par jour (de trente à trente-cinq comprimés) et qu’il n’est toujours pas indifférent à l’alcool, le médecin peut hésiter sur la marche à suivre. Ce n’est pas très compliqué quand le patient tolère bien le traitement : il n’y a qu’à augmenter les doses en exerçant une surveillance attentive. Quand les patients ne supportent pas les fortes doses et que les symptômes d’intolérance qu’ils présentent n’incitent guère à poursuivre, la situation devient plus difficile. »